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Coiffure et esthétique : le diplôme et les règles pour t'installer

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Coiffeur en salon ou à domicile, barbier, esthéticienne, prothésiste ongulaire, praticienne en extensions de cils : avant de t'installer, la première question est celle du diplôme, car la coiffure et l'esthétique sont des métiers réglementés. Viennent ensuite l'affichage des prix, les produits que tu revends, et pour certains soins (épilation à la lumière pulsée, maquillage permanent) des règles de santé publique. Voici ce qui est propre à ces métiers. Pour le statut et l'immatriculation, suis les guides de la rubrique Créer.

1. Le diplôme : ce qu'il faut selon ton activité

Ton activitéCe qu'il faut
Coiffure en salon (barbier compris)Le brevet professionnel (BP) ou le brevet de maîtrise (BM) de coiffure, ou un titre de niveau égal ou supérieur, ou 3 ans d'expérience attestés par la chambre de métiers ; ou exercer sous le contrôle effectif et permanent d'une personne qualifiée
Coiffure à domicileLe CAP coiffure ou un titre de niveau égal ou supérieur, ou 3 ans d'expérience attestés par la chambre de métiers
Esthétique (soins du visage et du corps, épilation, manucure, maquillage)Un CAP, BP, bac pro, BTS ou BM d'esthétique, ou 3 ans d'expérience ; ou le contrôle effectif et permanent d'une personne qualifiée
Onglerie seule (pose de prothèses ongulaires, sans manucure)Pas de qualification d'esthétique exigée
Extensions et rehaussement de cilsAucun texte officiel ne tranche : fais confirmer ta situation par la chambre de métiers avant de t'installer

Pour un salon de coiffure, les sources officielles ne disent pas toutes la même chose. Le ministère (réponses parlementaires de 2025 et de 2026), Bpifrance Création et l'INPI exigent le BP ; la fiche de service-public.fr cite aussi le CAP. Le plus sûr : vise le BP, ou demande à ta chambre de métiers de valider ton diplôme avant de signer un bail. Avec le seul CAP, tu peux exercer à domicile, ou comme salarié dans un salon.

Le barbier relève de la coiffure : les mêmes diplômes s'appliquent. Les produits de permanente et de lissage les plus concentrés sont réservés aux titulaires du BP ou du BM.

Exercer sans la qualification requise est puni de 7 500 € d'amende, avec un risque de fermeture de l'établissement. Le guide activités réglementées explique la démarche auprès de la chambre de métiers.

2. Les soins soumis à des règles de santé

  • Épilation à la lumière pulsée ou au laser : depuis un décret du 24 mai 2024, elle est ouverte aux esthéticiens qualifiés, à condition d'avoir suivi une formation spécifique fixée par un arrêté du 19 février 2025. Le Conseil d'État a confirmé ce décret le 12 mars 2026. Avant chaque séance, tu examines la peau, tu règles l'appareil selon le type de peau, tu remets une fiche d'information au client et tu lui fais porter des lunettes de protection. L'échéance pour suivre la formation a pu évoluer : vérifie-la auprès de ta chambre de métiers.
  • Maquillage permanent, tatouage, perçage : déclaration à l'agence régionale de santé (ARS) avant de commencer, y compris pour une activité temporaire ; formation à l'hygiène d'au moins 21 heures, à renouveler tous les 5 ans ; contrat d'élimination des déchets de soins ; information écrite du client, et accord écrit d'un parent pour un mineur.
  • Le mot « massage » est en principe réservé aux masseurs-kinésithérapeutes, et la justice est divisée pour le massage de bien-être. En institut, parle de soins esthétiques ou de modelage, et ne promets aucun effet sur la santé.

3. Ton salon ou ton institut

  • Affichage des prix en coiffure : au moins 10 prestations avec leur prix TTC (20 pour un salon mixte, 10 pour les hommes et 10 pour les femmes), à l'intérieur près de la caisse et en vitrine, avec le détail de ce que comprend chaque forfait. La carte complète des prestations doit être consultable à tout moment.
  • Affichage des prix en esthétique : au moins 10 tarifs TTC visibles de l'extérieur, et la liste complète à la caisse.
  • La note : obligatoire au-delà de 25 € ou si le client la demande.
  • Le local reçoit du public : règles de sécurité incendie, registre de sécurité, accessibilité et registre public d'accessibilité.
  • La musique : diffuser de la musique demande une déclaration à la Sacem, qui collecte aussi les droits dus aux artistes et producteurs.

4. À domicile

  • Si tu interviens en dehors de la commune où tu habites, il te faut la carte d'artisan ambulant, à demander à la chambre de métiers de ton lieu d'habitation (sans elle : 750 € d'amende ; 450 € si tu ne l'as pas sur toi ou si elle n'est pas renouvelée).
  • Tu annonces aussi au moins 10 tarifs TTC (20 si tu coiffes hommes et femmes), et tu remets une note au-delà de 25 €, que tu gardes 2 ans.
  • Coiffer à domicile, c'est se déplacer sans installer de matériel lourd chez le client.

5. Les produits que tu revends

Quand tu revends des cosmétiques, tu es distributeur : tu dois signaler à l'Anses les effets indésirables que tu constates chez tes clients. Si tu fabriques ou conditionnes toi-même des produits (une crème maison, une huile de soin), tu deviens responsable de leur mise sur le marché, avec des obligations bien plus lourdes : déclaration de ton établissement à la DGCCRF, dossier du produit, notification européenne. Renseigne-toi avant de te lancer.

6. Micro-entreprise, cotisations et TVA

Ce que tu facturesCotisations en micro-entreprise (2026)
Coupes, soins, poses (prestations artisanales)21,2 % du chiffre d'affaires
Vente de produits12,3 % du chiffre d'affaires

Si tu fais les deux, ton chiffre d'affaires total ne doit pas dépasser 203 100 € pour rester au régime micro, dont 83 600 € au plus de prestations. Tu ne factures pas de TVA tant que tes prestations restent sous 37 500 € par an et, si tu vends aussi des produits, ton chiffre d'affaires total sous 85 000 €. Si tu dépasses ces seuils, la TVA s'applique au 1er janvier suivant, ou dès le jour du dépassement si tu franchis 41 250 € de prestations (93 500 € au total) dans l'année ; tes prestations sont alors soumises au taux normal. Le guide dépasser le seuil de franchise de TVA explique ce qui change.

Ton entreprise est inscrite au registre national des entreprises comme entreprise artisanale, par la chambre de métiers. La qualité d'artisan, elle, suppose un CAP ou un BEP dans le métier, ou 3 ans d'expérience.

7. Louer un fauteuil dans un salon : attention

Travailler en indépendant dans le salon d'un autre (« location de fauteuil ») comporte un risque important de requalification en contrat de travail : client unique, horaires imposés, peu d'initiative, intégration à l'équipe. En cas de requalification, le salon doit les salaires, les congés et les cotisations ; toi, tu perds ton statut d'indépendant. Le ministère rappelle aussi qu'avec le seul CAP, tu ne peux pas exercer en indépendant dans un salon.

Ce qu'il faut faire, dans l'ordre

  1. Vérifie que ton diplôme ou ton expérience correspond à l'activité que tu vises (salon, domicile, esthétique), et fais-le confirmer par la chambre de métiers.
  2. Pour la lumière pulsée ou le maquillage permanent, inscris-toi à la formation obligatoire.
  3. Choisis ton statut et immatricule ton entreprise.
  4. Prépare ton affichage des prix et ton carnet de notes.
  5. Pour le maquillage permanent, envoie ta déclaration à l'ARS avant de commencer.

En résumé

  • Salon de coiffure : BP ou BM (ou 3 ans d'expérience), à faire confirmer par la chambre de métiers ; à domicile, le CAP suffit.
  • Esthétique : CAP ou plus ; onglerie seule, pas de qualification exigée.
  • Lumière pulsée et laser : esthéticien qualifié avec une formation spécifique ; maquillage permanent : déclaration à l'ARS et 21 heures de formation.
  • Au moins 10 tarifs affichés, note au-delà de 25 €.
  • Micro-entreprise : 21,2 % sur les prestations, 12,3 % sur la vente de produits.

D'après service-public.fr : coiffeur en salon et coiffeur à domicile (21 février 2026) ; Bpifrance Création : coiffeur en salon (26 août 2025), institut de beauté (19 mars 2026) ; INPI, annuaire des activités réglementées (25 août 2026) ; réponses ministérielles : Sénat n° 05192 (10 juillet 2025) et Assemblée nationale n° 12555 (31 mars 2026) ; ministère de la Santé, épilation à la lumière pulsée ; Conseil d'État, 12 mars 2026, n° 496304 ; ARS Île-de-France, tatouage et maquillage permanent (24 septembre 2026) ; DGCCRF, produits cosmétiques (4 décembre 2025) ; economie.gouv.fr, cotisations du micro-entrepreneur (6 mars 2026). Vérifié en octobre 2026.

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Ce guide est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel. Les règles et les montants évoluent : vérifie sur les sites officiels avant toute démarche. Dernière vérification : 13 octobre 2026.