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Meublé de tourisme, gîte ou chambres d'hôtes : les règles et les impôts en 2026

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Louer un appartement sur une plateforme, ouvrir un gîte ou accueillir des clients en chambres d'hôtes : ces activités ont été profondément revues par la loi du 19 novembre 2024, par la loi de finances pour 2025 et par les nouveaux seuils de 2026. Enregistrement en mairie, nombre de jours limité, performance énergétique minimale, abattement fiscal réduit pour les meublés non classés : voici les règles en vigueur, ce qui distingue le meublé de tourisme des chambres d'hôtes, et ce que tu paies.

1. Meublé de tourisme ou chambres d'hôtes : deux régimes

Meublé de tourisme (gîte, appartement, maison)Chambres d'hôtes
Ce que c'estUn logement meublé loué à la nuitée, à la semaine ou au mois à une clientèle de passage, qui n'y élit pas domicileDes chambres chez toi, dans ton habitation, avec le petit-déjeuner, le linge et le ménage, et un accueil en personne
CapacitéSans limite propre, mais au-delà de 15 personnes, les règles des établissements recevant du public s'appliquent5 chambres et 15 personnes au plus en même temps
DéclarationEn mairie, avec un numéro d'enregistrement dans les communes qui l'exigentEn mairie, avec le Cerfa n° 13566, avant de commencer
Immatriculation de l'entrepriseDéclaration de début d'activité dans les 15 jours, qui donne un SIRETObligatoire : c'est une activité commerciale, quel que soit le revenu

Un gîte n'a pas de définition juridique : c'est un meublé de tourisme, éventuellement labellisé.

2. Ce que la loi du 19 novembre 2024 a changé

  • Le numéro d'enregistrement : dans les communes qui l'ont mis en place, tu déclares ton meublé en mairie et tu obtiens un numéro de 13 caractères, à afficher sur chaque annonce et à communiquer au syndic de copropriété. La loi généralise cet enregistrement à toute la France ; le service en ligne national est annoncé pour la fin de l'année 2026. Ailleurs, une déclaration simple en mairie (Cerfa n° 14004) reste obligatoire pour une résidence secondaire (jusqu'à 450 € d'amende sans elle) ; renseigne-toi en mairie pour ta résidence principale.
  • Ta résidence principale (le logement que tu occupes au moins 8 mois par an) : tu ne peux pas la louer plus de 120 jours par an, et ta commune peut abaisser ce plafond jusqu'à 90 jours.
  • La performance énergétique : un logement qui demande une autorisation de changement d'usage et devient meublé de tourisme doit être classé de A à E jusqu'à fin 2033, puis de A à D à partir de 2034. Tous les meublés de tourisme de métropole devront atteindre au moins D en 2034, sauf ta résidence principale. Le maire peut te demander ton diagnostic de performance énergétique.
  • Le changement d'usage : dans les grandes villes (plus de 200 000 habitants, petite couronne parisienne) et dans les communes qui l'ont décidé, louer un logement qui n'est pas ta résidence principale demande une autorisation de la mairie, parfois limitée par des quotas.
  • La copropriété : un règlement peut interdire les meublés de tourisme pour les résidences secondaires, à la majorité des deux tiers. Lis le règlement avant d'acheter ou de te lancer.

Sans numéro d'enregistrement, ou si tu dépasses le nombre de jours autorisé, tu risques une amende : jusqu'à 5 000 € sans numéro d'enregistrement et 10 000 € en cas de dépassement des jours ; la loi porte ce dernier montant à 15 000 € et crée une amende de 20 000 € pour fausse déclaration, dès la parution d'un décret. Une location sans l'autorisation de changement d'usage peut coûter jusqu'à 100 000 € par logement.

3. L'impôt sur tes loyers

Tes revenus de location meublée sont des bénéfices industriels et commerciaux. Avec le régime micro, l'impôt porte sur tes recettes après un abattement forfaitaire :

Ton activitéRecettes 2025 (déclarées en 2026)Recettes 2026 (déclarées en 2027)
Meublé de tourisme non classé15 000 € au plus, abattement de 30 %15 000 € au plus, abattement de 30 %
Meublé de tourisme classé77 700 € au plus, abattement de 50 %83 600 € au plus, abattement de 50 %
Chambres d'hôtes77 700 € au plus, abattement de 50 %83 600 € au plus, abattement de 50 %

Au-delà de ces montants, ou si tu le choisis, tu passes au régime réel, où tu déduis tes charges réelles et l'amortissement du bien. Attention : pour les ventes réalisées depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits au régime réel sont réintégrés dans le calcul de la plus-value. Tu es loueur professionnel si les recettes de ton foyer dépassent 23 000 € par an et tes autres revenus professionnels ; sinon, tu es loueur non professionnel. Le choix entre micro et réel mérite un calcul avec un expert-comptable.

Le classement officiel (cinq niveaux, valable 5 ans, après la visite d'un organisme accrédité) est facultatif, mais il change beaucoup ton impôt : il fait passer l'abattement de 30 % à 50 % et le plafond de 15 000 € à 83 600 €.

4. Les cotisations sociales

  • Meublé de tourisme : jusqu'à 23 000 € de recettes par an, tu paies les prélèvements sociaux avec ton impôt sur le revenu. Au-delà, tu dois t'inscrire à l'Urssaf et payer des cotisations sociales. Pour un meublé classé, le régime micro-social est possible ; pour un meublé non classé, il ne l'est plus depuis 2026.
  • Chambres d'hôtes : tu paies des cotisations sociales dès que ton revenu dépasse 13 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (un peu plus de 6 000 €) ; en micro-entreprise, le taux est de 21,2 %. En dessous, tu paies les prélèvements sociaux avec ton impôt sur le revenu.

5. TVA, taxe de séjour et CFE

  • TVA : la location meublée en est exonérée, sauf si tu fournis au moins trois des quatre services d'un hôtel (petit-déjeuner, ménage régulier, linge, accueil). Les chambres d'hôtes relèvent de la TVA, avec une franchise tant que ton chiffre d'affaires ne dépasse pas 85 000 € (93 500 € en cours d'année) ; au-delà, l'hébergement est taxé à 10 %.
  • Taxe de séjour : dans les communes qui l'ont instituée, tu la collectes auprès de tes clients et tu la reverses à la commune. Si tu loues par une plateforme, elle la collecte en général à ta place : vérifie-le sur ton espace.
  • CFE : la cotisation foncière des entreprises est due pour un meublé de tourisme, sauf exceptions (chiffre d'affaires de 5 000 € au plus, location occasionnelle d'une partie de ton logement). La première année, dépose la déclaration n° 1447-C-SD avant le 31 décembre. Les chambres d'hôtes situées dans ton habitation en sont exonérées, sauf décision contraire de la commune.

6. La sécurité et l'accueil

  • Un détecteur de fumée est obligatoire.
  • Au-delà de 15 personnes (ou de 5 chambres d'hôtes), les règles de sécurité des établissements recevant du public s'appliquent.
  • Vérifie que ton assurance habitation couvre la location à des clients de passage ; c'est souvent une garantie à ajouter.
  • Fais remplir une fiche de police à tes clients étrangers, à garder 6 mois.
  • En chambres d'hôtes, la remise des clés par boîte à clés est interdite : l'accueil se fait en personne.

Ce qu'il faut faire, dans l'ordre

  1. Renseigne-toi en mairie : numéro d'enregistrement, changement d'usage, nombre de jours, taxe de séjour.
  2. Vérifie ton règlement de copropriété et ton diagnostic de performance énergétique.
  3. Déclare ton meublé ou tes chambres d'hôtes en mairie.
  4. Déclare ton début d'activité sur le guichet unique (immatriculation obligatoire pour des chambres d'hôtes).
  5. Pense au classement si tu loues un meublé de tourisme : il change ton impôt.
  6. Affiche ton numéro d'enregistrement sur toutes tes annonces.

En résumé

  • Meublé de tourisme : déclaration en mairie, numéro d'enregistrement là où il est exigé, 120 jours au plus (parfois 90) pour ta résidence principale.
  • Chambres d'hôtes : 5 chambres et 15 personnes au plus, déclaration en mairie, immatriculation obligatoire.
  • Impôt sur les recettes 2026 : 15 000 € et 30 % d'abattement pour un meublé non classé, 83 600 € et 50 % pour un meublé classé ou des chambres d'hôtes.
  • Cotisations sociales au-delà de 23 000 € de recettes pour un meublé de tourisme.
  • Détecteur de fumée, assurance adaptée, taxe de séjour.

D'après service-public.fr : meublé de tourisme (21 mai 2026), location de la résidence principale (21 mai 2026), actualité du 27 juillet 2026, chambres d'hôtes (21 mai 2026), location meublée de tourisme et micro-entreprise (21 février 2026) ; ANIL, loi du 19 novembre 2024 ; economie.gouv.fr, location meublée de tourisme (4 mars 2026) ; impots.gouv.fr, les locations meublées (8 avril 2026) ; Bpifrance Création, seuils du régime micro ; loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024. Vérifié en octobre 2026.

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Ce guide est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel. Les règles et les montants évoluent : vérifie sur les sites officiels avant toute démarche. Dernière vérification : 13 octobre 2026.