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Affacturage, Dailly, escompte : combien coûte vraiment l'avance sur tes factures

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Te faire payer tes factures avant leur échéance a un prix. La fiche officielle estime qu'en général, une mobilisation de créances coûte autour de 10 % du montant HT des factures cédées (fiche Mobilisation de créance professionnelle, vérifiée le 27 novembre 2024). Ce pourcentage ne t'apprend presque rien tant que tu ne sais pas combien de jours de trésorerie il t'achète. Ce guide le convertit en taux annuel, dit qui garde le risque d'impayé et compare les trois mécanismes au découvert pour t'aider à décider facture par facture. Si ton besoin est urgent et ponctuel, commence par les leviers d'un trou de trésorerie, dans l'ordre ; si tes clients paient tard, regarde aussi les délais de paiement et les pénalités.

À noter : les fiches officielles sur ces trois mécanismes indiquent qu'elles ne concernent pas les micro-entrepreneurs.

Trois mécanismes, une même idée

  • Affacturage : tu cèdes tes factures à une société d'affacturage (le factor), qui se fait ensuite payer directement par tes clients. C'est réservé aux entreprises qui travaillent entre professionnels, et les fonds arrivent en 24 à 48 h (fiche Affacturage, vérifiée le 12 septembre 2023).
  • Cession Dailly : c'est le nom de la mobilisation de créances professionnelles faite avec un bordereau Dailly. Tu cèdes ou nantis tes factures à ta banque, mais tu continues d'encaisser tes clients. À l'échéance, la banque prélève le montant sur ton compte. Ton client n'a pas à donner son accord (fiche Mobilisation de créance).
  • Escompte : la banque t'avance le montant d'un effet de commerce (lettre de change ou billet à ordre) pas encore échu. Il faut d'abord signer une convention d'escompte, qui fixe un encours maximum, et la banque peut refuser chaque effet (fiche Escompte bancaire, vérifiée le 27 novembre 2024).

Qui garde le risque d'impayé

C'est la différence la plus importante, car elle change ce que tu achètes vraiment.

  • Dailly : le risque reste sur toi. Si ton client ne paie pas, la banque prélève quand même ton compte à l'échéance.
  • Escompte : même logique. En cas d'incident, par exemple la liquidation du client, la banque débite ton compte et te rend l'effet pour que tu poursuives toi-même ton client.
  • Affacturage : le factor supporte le risque, mais seulement pour les factures qu'il a validées. Pour les autres, il n'est qu'un intermédiaire chargé d'obtenir le paiement. Pour se couvrir, il demande généralement une assurance-crédit, un fonds de garantie que tu alimentes, ou les deux. Dans l'exemple officiel, l'assurance ne couvre que 80 % des factures et le fonds de garantie sert pour le reste (fiche Affacturage).

Autre point qui pèse sur le calcul : le factor ne t'avance en général que 85 à 95 % des factures cédées, et garde une retenue de garantie de 8 à 15 %, rendue à la fin du contrat. Sa rémunération se compose d'une commission d'affacturage, de 0,2 à 2 % du montant TTC des factures, et d'une commission de financement indexée sur un taux du marché monétaire (€STR ou Euribor 3 mois) majoré jusqu'à 2,5 points (Banque de France, fiche L'affacturage, mai 2022). Dans ta formule, le « montant reçu » est donc l'avance réellement versée, pas le total des factures.

Conséquence : avec le Dailly et l'escompte, tu achètes uniquement du temps. Avec l'affacturage sur des factures validées, tu achètes du temps, une protection contre l'impayé et le recouvrement. Comparer leurs tarifs sans en tenir compte fausse la décision.

Convertir le coût en taux annuel

L'exemple officiel : 67 000 € HT de factures sont cédées au coût de 9 %, et l'établissement les achète 60 970 € (fiche Mobilisation de créance). Le coût est donc de 6 030 €. Rapporté à l'argent que tu reçois réellement, cela fait 6 030 / 60 970 = 9,89 % pour toute la durée de l'avance.

Pour le rendre comparable à un taux bancaire, ramène-le à l'année :

Taux annuel ≈ (coût / montant reçu) × 365 / nombre de jours avancés

Jours réellement avancésTaux annuel équivalent (exemple officiel)
30 jours≈ 120 %
45 jours≈ 80 %
60 jours≈ 60 %
90 jours≈ 40 %
120 jours≈ 30 %

Le même forfait coûte donc trois fois plus cher, en équivalent annuel, sur une facture à 30 jours que sur une facture à 90 jours.

Une limite à garder en tête : l'exemple officiel est un forfait. En pratique, la facture se décompose en frais de dossier, intérêts, frais par bordereau, commission par facture cédée et frais de gestion de la ligne (fiche Mobilisation de créance). Seuls les intérêts varient avec la durée. Les frais fixes pèsent d'autant plus lourd que la facture est petite et l'échéance proche. Demande le détail de tous ces frais et refais le calcul avec le coût total d'une cession type.

Compter les bons jours

Les jours avancés vont de la date où tu reçois les fonds à la date où ton client t'aurait réellement payé. Ce n'est pas le délai inscrit sur la facture. Si tu cèdes une facture à 60 jours trois semaines après l'avoir émise, l'avance ne porte plus que sur une quarantaine de jours. Si ton client paie d'habitude en retard, prends la date de paiement que tu constates, pas l'échéance. Attention aussi : avec un Dailly, la banque prélève ton compte à l'échéance, que le client ait payé ou non. Un client qui paie en retard peut donc te faire passer à découvert en plus du coût de la cession.

Le comparer au découvert

Un découvert ne coûte que sur le montant utilisé et les jours d'utilisation, au taux et aux commissions prévus par ta convention avec ta banque. Le calcul :

Coût du découvert ≈ montant × taux annuel tout compris × jours / 365

La règle de décision est simple. Si le taux de ton découvert, commissions comprises, est inférieur au taux annuel de la cession calculé ci-dessus pour la même durée, le découvert coûte moins cher pour le même besoin. Deux nuances : le découvert ne te protège pas contre un impayé, contrairement à l'affacturage sur des factures validées, et il n'existe que si ta banque te l'a accordé et dans la limite de son plafond.

Quand c'est rentable, quand ça ne l'est pas

Plutôt rentable

  • Un gros client professionnel qui paie à 60 jours ou plus : les montants importants diluent les frais fixes et la durée fait baisser le taux annuel.
  • Un découvert absent ou déjà au plafond, alors que le besoin vient de factures solides.
  • Un client dont la solvabilité t'inquiète, si le factor accepte de valider ses factures : tu paies alors aussi une protection.

Plutôt pas rentable

  • De petites factures à 30 jours : les frais par facture et par bordereau font grimper le taux annuel.
  • Un besoin de quelques jours que ton découvert couvre.
  • Un client qui paie déjà vite : une relance coûte moins cher qu'une cession.
  • Une clientèle de particuliers : l'affacturage est réservé aux échanges entre professionnels, et l'escompte ne concerne que des effets dont le débiteur est un professionnel.

Comparatif des trois mécanismes et du découvert

AffacturageDaillyEscompteDécouvert
Ce qui est financéCréances professionnellesCréances professionnellesEffets de commerceTout besoin, sans céder de facture
Qui encaisse le clientLe factorToiLa banque, à l'échéanceToi
Risque d'impayéLe factor, sur les factures validéesToiToiToi
Obtention des fonds24 à 48 hDès l'émission de la factureRapide (non chiffré)Dès que la convention existe
Ce que tu paiesRémunération du factor, assurance-crédit et fonds de garantie éventuelsFrais de dossier, intérêts, frais par bordereau et par facture, gestion de ligneFrais de dossier, intérêts d'escompte, commissionsIntérêts et commissions de ta convention
Ce que voit ton clientLe factor gère la relation de paiementUne mention sur la facture, ou une notification de la banqueIl paie l'effet à la banqueRien

Sources du tableau : fiche Affacturage, fiche Mobilisation de créance, fiche Escompte bancaire.

Avant de signer : les étapes

  1. Liste tes factures candidates : client professionnel, montant, date de paiement réellement constatée.
  2. Demande le détail complet des frais à au moins deux établissements : dossier, intérêts, frais par bordereau et par facture, gestion, assurance-crédit.
  3. Calcule le taux annuel d'une cession type avec la formule ci-dessus et tes vrais jours avancés.
  4. Compare-le au taux de ton découvert, commissions comprises.
  5. Lis la convention avant de signer. Pour l'affacturage : quelles factures seront validées, assurance-crédit, fonds de garantie. Pour le Dailly : cession simple (tu mentionnes la cession sur tes factures) ou notifiée (la banque prévient ton client). Pour l'escompte : encours maximum et conditions de refus des effets.
  6. Pour un Dailly, vérifie le bordereau. Il doit porter la mention « acte de cession de créances professionnelles » (ou « de nantissement »), indiquer qu'il est soumis aux articles L. 313-23 à L. 313-34 du code monétaire et financier, nommer l'établissement bénéficiaire et désigner les créances. Tu le signes, l'établissement le date, et la cession s'impose aux tiers à partir de cette date (fiche Mobilisation de créance).

Les erreurs fréquentes

  • Comparer « 9 % » à un taux annuel de découvert. L'un porte sur quelques semaines, l'autre sur un an. Convertis toujours avant de comparer.
  • Compter le délai de la facture au lieu des jours restants. Une facture cédée tard ne t'achète que les jours qui restent, et le taux annuel monte d'autant.
  • Oublier que le risque reste chez toi avec le Dailly et l'escompte. Un impayé te coûte la facture et le prélèvement de la banque.
  • Croire que l'affacturage couvre toutes tes factures. Seules les factures validées par le factor sont garanties.
  • Oublier la mention sur tes factures en cession Dailly simple.
  • Céder de petites factures une par une : les frais par facture et par bordereau peuvent dépasser les intérêts.

Sources officielles

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Ce guide est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel. Les règles et les montants évoluent : vérifie sur les sites officiels avant toute démarche. Dernière vérification : 11 octobre 2026.