Ta deuxième année d'activité : les prélèvements qui arrivent

La première année, beaucoup de créateurs paient peu : pas de CFE, des cotisations allégées par l'ACRE, et parfois des cotisations calculées sur une base forfaitaire. La deuxième année, ces trois avantages s'arrêtent ou se corrigent, souvent à quelques mois d'écart. Ce n'est pas une mauvaise surprise si tu l'as mise au calendrier et provisionnée dès le départ. Voici quoi attendre, quand, et comment mettre l'argent de côté chaque mois depuis ton compte pro.
Pourquoi la deuxième année coûte plus cher
La CFE arrive pour la première fois
La cotisation foncière des entreprises (CFE) n'est pas due l'année de la création, quelle que soit la date de création, car elle est établie pour une année civile entière (impots.gouv.fr, page modifiée en 2026). L'exemple donné par l'administration est parlant : un établissement créé le 31 décembre 2025 est imposé à la CFE dès 2026. Créer en décembre ne te fait donc pas gagner une année.
L'année suivant la création, ta base d'imposition est réduite de 50 % (Service Public Entreprendre, fiche vérifiée le 2 avril 2026). C'est une réduction de la base, pas une exonération : tu reçois bien un avis à payer.
Deux points à vérifier avant de provisionner :
- Le seuil de 5 000 €. Une entreprise créée l'année précédente est exonérée si son chiffre d'affaires hors taxes de cette première année n'a pas dépassé 5 000 €, ramené sur 12 mois si besoin (Service Public Entreprendre, 2026). Si tu as démarré en septembre, c'est ton chiffre d'affaires proratisé qui compte, pas le total brut.
- La base minimum. Si tu travailles chez toi ou chez tes clients, la CFE est calculée sur une base minimum fixée par ta commune. Pour la CFE due en 2026, elle va de 250 € à 597 € pour un chiffre d'affaires jusqu'à 10 000 €, et de 250 € à 1 194 € entre 10 001 € et 32 600 € (Service Public Entreprendre, barème 2026). Ce montant est une base, à laquelle s'applique le taux de la commune.
Au montant de la CFE s'ajoutent une taxe additionnelle de 1,12 % de la base et des frais de gestion de 1 % (Service Public Entreprendre, 2026). Si tu es micro-entrepreneur, la taxe additionnelle se règle sur ton compte Urssaf, pas sur l'avis de CFE.
Pour le détail propre aux micro-entrepreneurs, lis aussi CFE de l'auto-entrepreneur en 2026 : qui doit la payer et combien ?
L'ACRE s'arrête, souvent en cours d'année
Pour un micro-entrepreneur, l'ACRE réduit les cotisations de 25 % jusqu'à la fin du 3e trimestre civil qui suit la date de début d'activité (Service Public, fiche vérifiée le 1er juillet 2026). Exemple officiel : une activité démarrée le 3 septembre 2026 garde l'ACRE jusqu'au 30 juin 2027, soit 10 mois seulement. Pour un électricien en prestations de services, le taux passe alors de 15,9 % à 21,2 % du chiffre d'affaires (même fiche, 2026).
Pour les autres créateurs (entreprise individuelle au réel, dirigeant de société), l'exonération dure 12 mois. Elle vaut 25 % des cotisations si ton revenu ne dépasse pas 36 045 €, devient dégressive jusqu'à 48 060 € et disparaît au-delà (Service Public, 2026). Le taux et la date d'effet dépendent aussi de ta date de création : ACRE : ce qui change en 2026 fait le point.
Les régularisations, si tu n'es pas micro-entrepreneur
En micro-entreprise, tes cotisations sont un pourcentage fixe de ton chiffre d'affaires, déclaré chaque mois ou chaque trimestre : 12,3 % pour la vente, 21,2 % pour les prestations BIC, 25,6 % pour les libéraux non réglementés et 23,2 % pour les libéraux relevant de la Cipav (Service Public Entreprendre, fiche vérifiée le 1er janvier 2026). Il n'y a pas de régularisation à attendre : ce que tu paies chaque mois est définitif.
Au réel, c'est différent. Pendant les 2 premières années, l'Urssaf calcule tes cotisations sur des bases forfaitaires, puis les recalcule une fois ton revenu professionnel déclaré (Urssaf, page publiée en 2024). Quand les impôts transmettent ce revenu, tu reçois un nouvel échéancier qui contient à la fois la régularisation de l'année écoulée et le recalcul des cotisations de l'année en cours. Si ta première année a bien marché, ces deux montants s'additionnent.
Le calendrier de ta deuxième année
Exemple pour une activité créée en 2026. Les dates viennent des fiches citées ; vérifie chaque année qu'elles n'ont pas bougé.
| Quand | Ce qui se passe | Qui est concerné |
|---|---|---|
| Avant le 31 décembre de l'année de création | Déclaration initiale de CFE n° 1447-C-SD à déposer au service des impôts des entreprises (Service Public Entreprendre, 2026) | Tous |
| Fin du 3e trimestre civil après le début | Fin de l'ACRE, retour au taux plein (Service Public, 2026) | Micro-entrepreneurs bénéficiaires |
| 12 mois après le début | Fin de l'ACRE (Service Public, 2026) | Autres créateurs bénéficiaires |
| Au plus tard le 30 juin | Dernier jour pour choisir le prélèvement mensuel de la CFE (si ta CFE de l'année précédente ne dépassait pas 3 000 €) (Service Public Entreprendre, 2026) | Tous |
| Après ta déclaration de revenus | Nouvel échéancier Urssaf : régularisation de l'année de création et recalcul de l'année en cours (Urssaf, 2024) | Indépendants au réel |
| Au plus tard le 30 novembre | Dernier jour pour choisir le prélèvement à l'échéance de la CFE (Service Public Entreprendre, 2026) | Tous |
| 15 décembre | Date limite de paiement de la CFE, reportée au jour ouvrable suivant si elle tombe un week-end ou un jour férié (Service Public Entreprendre, 2026) | Tous, sauf exonération |
Le prélèvement mensuel de la CFE se fait le 15 de chaque mois, de janvier à octobre, par dixièmes (Service Public Entreprendre, 2026). L'avis de CFE n'arrive pas par courrier : il est déposé dans ton espace professionnel sur impots.gouv.fr. Si tu ne l'as pas encore créé, fais-le avant l'automne.
La méthode : provisionner chaque mois depuis ton compte pro
L'objectif est simple : qu'aucun de ces prélèvements ne dépende de ta trésorerie du mois où il tombe.
- Ouvre un espace séparé. Un second compte, ou un sous-compte si ta banque pro le propose (vérifie-le sur son site ; les fiches des banques du catalogue, comme Qonto, Shine ou Bourso Business, renvoient vers leurs offres). L'argent provisionné ne doit pas apparaître dans le solde que tu regardes au quotidien. Le comparatif les banques pro en ligne au banc d'essai peut t'aider à choisir.
- Provisionne au taux plein, même pendant l'ACRE. En micro-entreprise, calcule ta provision de cotisations au taux normal de ton activité, et paie à l'Urssaf le taux réduit. L'écart s'accumule et absorbe la hausse le jour où l'ACRE s'arrête.
- Ajoute un douzième de CFE. Estime ta CFE avec la base minimum de ta commune et son taux, visibles avec le service en ligne des taux par commune cité sur la fiche Service Public. Divise par 12 et vire ce montant chaque mois.
- Au réel, provisionne l'écart avec le forfait. Compare ton revenu réel du moment avec la base forfaitaire de ton échéancier. Si ton revenu est plus élevé, mets de côté chaque mois la différence de cotisations que le simulateur de l'Urssaf t'indique. Tu peux aussi demander à l'Urssaf de calculer tes cotisations sur un revenu estimé depuis ton espace en ligne (Urssaf, 2024) ; l'article estimation annuelle ou modulation mensuelle compare les deux façons de faire.
- Automatise le virement. Programme un virement permanent le lendemain de ton jour habituel d'encaissement, et revois le montant une fois par trimestre. Le guide Ton plan de trésorerie sur 12 mois donne une routine mensuelle pour l'intégrer.
Exemple chiffré (simulation, pas un cas réel)
Hypothèses : micro-entrepreneur en prestations de services BIC, éligible à l'ACRE, début d'activité le 3 septembre 2026, chiffre d'affaires stable de 3 000 € par mois, CFE 2027 estimée à 360 € (montant supposé : le vrai dépend de ta commune et de ton chiffre d'affaires).
- Cotisations payées pendant l'ACRE : 3 000 € × 15,9 % = 477 € par mois.
- Cotisations au taux plein : 3 000 € × 21,2 % = 636 € par mois, soit 159 € de plus.
- Provision mensuelle recommandée : 636 € de cotisations + 30 € de CFE (360 € ÷ 12) = 666 €.
Pendant les 10 mois d'ACRE, tu paies 477 € et tu provisionnes 666 € : la différence, 189 € par mois, laisse 1 890 € de côté au 30 juin 2027. La CFE de décembre est couverte, et la hausse des cotisations n'entame pas ta trésorerie.
Les erreurs fréquentes
- Oublier la déclaration 1447-C-SD. L'exonération de la première année passe par cette déclaration, à déposer avant le 31 décembre de l'année de création.
- Croire que la réduction de 50 % est une exonération. La deuxième année, tu paies une CFE réduite, pas une CFE nulle, sauf si ton chiffre d'affaires reste sous le seuil de 5 000 €.
- Calculer le seuil de 5 000 € sans proratisation. Un chiffre d'affaires de 4 000 € sur quatre mois représente 12 000 € sur douze.
- Prendre la fin de l'ACRE pour un anniversaire. En micro-entreprise, elle ne dure pas 12 mois mais court jusqu'à la fin d'un trimestre civil : note la date exacte.
- Dépenser le remboursement ou l'écart du forfait. Au réel, des cotisations forfaitaires faibles ne veulent pas dire que tu dois peu : la régularisation suit.
- Ne pas ouvrir l'espace professionnel impots.gouv.fr. Sans lui, tu ne vois pas l'avis de CFE et tu découvres l'échéance trop tard.
Si un prélèvement tombe malgré tout au mauvais moment, le guide demander un délai à l'Urssaf sans majorations explique la marche à suivre, et les déclarations de l'année d'un micro-entrepreneur récapitule le reste de ton agenda.
Sources
- impots.gouv.fr : Devrai-je acquitter une CFE l'année de la création de mon entreprise ? (modifiée le 16/06/2026)
- Service Public Entreprendre : Cotisation foncière des entreprises (CFE) (vérifiée le 02/04/2026)
- Service Public : Aide à la création ou à la reprise d'une entreprise (Acre) (vérifiée le 01/07/2026)
- Service Public Entreprendre : Cotisations sociales d'un micro-entrepreneur (vérifiée le 01/01/2026)
- Urssaf : Indépendant, comprendre vos cotisations (publiée le 14/03/2024)