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Créer en restant salarié : congé ou temps partiel création, et un business plan calé sur ce calendrier

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Tu es salarié et tu veux lancer ton entreprise sans démissionner tout de suite. Le Code du travail te donne deux options : un congé pour création ou reprise d'entreprise à temps plein, ou une période de temps partiel pour la même raison. Les deux suivent un calendrier fixé par les textes, et ce calendrier doit structurer ton business plan : quand envoyer ta demande, combien de mois tu peux vivre sans salaire, et à quelle date tu devras choisir entre revenir et partir.

Congé à temps plein ou temps partiel : ce qui change pour ton projet

Les conditions d'accès sont les mêmes. Il te faut 24 mois d'ancienneté dans l'entreprise ou dans le groupe, sauf si ta convention collective ou un accord d'entreprise prévoit une autre durée (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée en 2025). Sans accord, la durée maximale est d'1 an, renouvelable 1 année supplémentaire (service-public.gouv.fr, 2025). Dans les deux cas, le congé n'est pas rémunéré, sauf disposition plus favorable de ta convention, de ton contrat ou d'un usage dans l'entreprise.

Temps pleinTemps partiel
Ce que tu indiques dans ta demandeDate de départ, durée, activité de l'entreprise créée ou repriseDate de début, ampleur de la réduction de ton temps de travail, durée, activité
FormalisationAccord de l'employeur (exprès ou tacite)Avenant au contrat qui fixe la durée ; nouvel avenant en cas de prolongation
Revenus pendant la périodeAucun salaireSalaire du temps que tu continues de travailler
Au retourEmploi précédent ou similaire, rémunération au moins équivalenteRetour à temps plein, rémunération au moins équivalente

Pour choisir, pars de ton activité. Si elle exige d'être disponible en journée (local à ouvrir, clients à rencontrer, chantier), le temps partiel risque de ne pas suffire. Si tu veux d'abord tester ton offre auprès de quelques clients, le temps partiel garde une partie de ton salaire et réduit la pression sur ton budget. Bon à savoir pour le temps partiel : en cas de cumul d'une activité salariée et d'une activité non salariée, seule l'activité salariée compte dans la durée maximale de travail (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée en 2023).

Avant la demande : trois vérifications

  1. Ton ancienneté et ta convention collective. L'intitulé de la convention applicable figure sur ton bulletin de paie. Lis ce qu'elle prévoit sur ce congé, car elle peut modifier l'ancienneté requise, la durée et les délais.
  2. Une création récente. Dans une entreprise de moins de 300 salariés, l'employeur peut refuser si ta demande arrive moins de 3 ans après une précédente création ou reprise d'entreprise (service-public.gouv.fr, 2025).
  3. Ton contrat de travail. Une clause d'exclusivité est levée pendant 1 an à compter de l'immatriculation de ton entreprise ou de ta déclaration de début d'activité, et jusqu'à 2 ans au maximum si ton congé est prolongé (service-public.gouv.fr, 2023). L'obligation de loyauté reste due : pas d'activité qui concurrence ton employeur.

Le rétroplanning, étape par étape

Exemple : tu vises un départ en congé à temps plein le 1er mars 2027, pour 1 an.

ÉtapeRègleDans l'exemple
Envoyer la demandeAu moins 2 mois avant le départ, par un moyen qui prouve la date (lettre ou e-mail recommandé)Au plus tard début janvier 2027 ; vise plutôt novembre 2026 pour garder de la marge
Réponse de l'employeurSous 30 jours après réception ; sans réponse, l'accord est acquisEnviron un mois après l'envoi
Report possible6 mois au maximum à compter de la demandePour une demande de début janvier, départ au plus tard début juillet 2027
Contester un refusSaisir le conseil de prud'hommes dans les 15 jours suivant la réception du refusNote la date de réception dès l'arrivée de la réponse
Annoncer retour ou ruptureAu moins 3 mois avant la fin du congéFin du congé le 29 février 2028, donc au plus tard fin novembre 2027
Demander le renouvellementAu moins 2 mois avant le terme du congé en coursAu plus tard fin décembre 2027

L'employeur peut accepter, reporter ou refuser. Le report sert à limiter les absences simultanées ou à éviter des conséquences préjudiciables pour l'entreprise. Le refus dépend de la taille de l'entreprise. Sous 300 salariés, il est possible si tu ne remplis pas les conditions, si l'employeur estime, après avis du CSE, que ton départ nuirait à la bonne marche de l'entreprise, ou en cas de création il y a moins de 3 ans. À partir de 300 salariés, seul le non-respect des conditions permet de refuser. Dans tous les cas, le motif doit t'être communiqué.

Conséquence pour ton business plan : construis-le dès l'envoi de la demande en deux scénarios, l'un avec un départ à la date demandée, l'autre avec un départ reporté de 6 mois. Le second décale ton premier chiffre d'affaires, mais il te laisse aussi 6 mois de salaire en plus pour épargner.

Le prévisionnel personnel : vivre sans salaire

Le prévisionnel de l'entreprise ne suffit pas. Il te faut aussi un budget personnel mois par mois, sur la même période que le congé.

  • Tes charges fixes : logement, crédits, assurances, abonnements, dépenses courantes. Fais la moyenne de tes relevés des 6 derniers mois plutôt qu'une estimation de tête.
  • Ton épargne mobilisable à la date de départ.
  • Tes congés payés reportés. Sans accord collectif, tu peux demander à reporter tes congés payés annuels sur 6 ans au maximum. L'indemnité compensatrice correspondante t'est versée au départ en congé (service-public.gouv.fr, 2025). C'est une somme à prévoir dans ta trésorerie de départ, à condition d'avoir anticipé le report.
  • Ce que l'entreprise pourra te verser, mois par mois, avec des hypothèses prudentes. Les premiers mois, compte sur zéro.

Calcule ensuite tes mois d'autonomie : (épargne + indemnité de congés payés) ÷ (charges mensuelles − revenus mensuels tirés de l'entreprise). Si le résultat est inférieur à la durée du congé, ajuste avant de partir : durée plus courte, temps partiel plutôt que temps plein, ou départ décalé pour épargner davantage. Pendant le congé, tu n'acquiers ni ancienneté ni droits à congés payés (service-public.gouv.fr, 2025). Tiens-en compte si tu envisages un retour.

Pour le prévisionnel de l'entreprise, tu peux utiliser LivePlan, Business Plan Propulse by CA ou UpMetrics, puis reporter les montants que l'entreprise peut te verser dans ton budget personnel. Un simple tableur suffit pour ce dernier.

Le point de décision, 3 mois avant la fin

À cette date, tu dois avoir arrêté ton choix entre trois options :

  • Revenir : tu retrouves ton emploi ou un emploi similaire, avec une rémunération au moins équivalente et une réadaptation si les méthodes de travail ont changé. Tu ne peux pas exiger de revenir avant la fin prévue.
  • Rompre ton contrat : la rupture se fait dans les conditions prévues par ton contrat de travail.
  • Renouveler le congé pour une seconde année, si tu es dans la première. La fiche officielle ne précise pas comment ce délai de 2 mois s'articule avec l'information de 3 mois : vérifie ta convention collective, ou pose la question à Allô Service Public avant d'envoyer quoi que ce soit.

Pour que ce choix ne se fasse pas à l'intuition, fixe tes seuils dans le business plan, avant le départ, puis compare-les à tes chiffres réels quatre mois avant la fin :

  1. Chiffre d'affaires cumulé réalisé, comparé au prévisionnel.
  2. Rémunération que l'entreprise peut te verser chaque mois, comparée à tes charges personnelles.
  3. Nombre de mois de trésorerie restants, pour l'entreprise et pour toi, au-delà de la date de fin.
  4. Devis signés et commandes pour les 3 à 6 mois suivants.
  5. Part du chiffre d'affaires réalisée avec ton premier client.

Pense aussi à la clause d'exclusivité : à la fin de sa levée, elle s'applique de nouveau. Tu dois alors renoncer à ton activité ou rompre ton contrat (service-public.gouv.fr, 2023).

Les erreurs fréquentes

  • Ancienneté de 24 mois non atteinte : c'est un motif de refus quelle que soit la taille de l'entreprise. Compte large, et lis ta convention collective.
  • Demande envoyée trop tard : moins de 2 mois avant le départ, l'employeur peut refuser.
  • Demande sans preuve de date : sans recommandé, impossible de prouver le délai, ni l'accord tacite au bout de 30 jours.
  • Demande incomplète : oublier l'activité de l'entreprise, ou l'ampleur de la réduction du temps de travail pour un temps partiel.
  • Un seul scénario dans le business plan : un report de 6 mois suffit à le rendre caduc.
  • Laisser passer les 3 mois avant la fin sans avoir annoncé ton choix à ton employeur.
  • Confondre levée de l'exclusivité et liberté totale : l'obligation de loyauté interdit toujours une activité concurrente de ton employeur.

Sources officielles

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Ce guide est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel. Les règles et les montants évoluent : vérifie sur les sites officiels avant toute démarche. Dernière vérification : 9 octobre 2026.